Comprendre les termes

Cet instrument vient d'un travail de recherche en gouvernance de l'information. Ses mots ont un sens précis ; les voici expliqués pour quelqu'un qui n'est ni archiviste ni spécialiste de gouvernance.

Profil de maturité
L'ensemble des niveaux retenus sur les dix-huit axes, lu comme une forme : où la pratique est régulière, où elle est fragile, où elle varie. Ce n'est ni une note ni un total : les axes restent indépendants et ne s'additionnent pas.
Dimension
Un des six grands domaines de la gouvernance de l'information (pilotage, politiques, cycle de vie, architecture technique, pratiques effectives, articulation entre niveaux). Chaque dimension regroupe trois axes.
Axe
Un aspect précis de la gouvernance, positionné séparément sur cinq niveaux. Il y a dix-huit axes ; chacun est décrit par cinq descripteurs.
Descripteur
La phrase qui décrit à quoi ressemble concrètement un axe à un niveau donné. Positionner un axe, c'est choisir le descripteur qui correspond le mieux à la pratique effective, telle qu'elle a lieu, et non au dispositif disponible.
Niveau
Un repère de 1 à 5 sur l'échelle descriptive (inexistant, embryonnaire, développé, intégré, optimisé). Un niveau caractérise une pratique ; il n'est ni une note ni une cible à atteindre.
Position
L'endroit d'où l'on regarde : technique, coordination ou opérationnel. Un même axe ne se voit pas de la même manière selon la position ; chaque profil et chaque positionnement portent donc la mention de la position depuis laquelle ils sont établis, et deux positions ne se comparent pas comme un classement.
Lecture « en réception »
Depuis une entité de coordination ou opérationnelle, les axes de l'architecture technique et de l'articulation entre niveaux ne sont accessibles que sous la forme de ce qui parvient à l'entité. Le positionnement décrit alors ce qui est reçu, pas ce qui est administré ailleurs.
Position frontière
Quand la pratique se situe entre deux descripteurs, le niveau inférieur est retenu et la tension est documentée. Cette hésitation n'est pas une imprécision : c'est un résultat, qui apparaît dans la caractérisation du profil.
Foyer
Une pratique plus avancée qui existe sur un périmètre circonscrit (une équipe, un type de documents) sans être généralisée. Le niveau reflète la pratique généralisée ; le foyer est restitué à part, car c'est souvent là que se loge ce qui fonctionne.
Plancher
Un axe qui reste bas de façon constante. Repérer les planchers d'un profil, c'est identifier ce sur quoi la gouvernance ne prend pas, avant de se demander pourquoi.
Amplitude et dominante
Deux manières de lire la forme d'un profil : un profil hétérogène présente une grande amplitude entre ses axes ; un profil homogène présente une dominante, un niveau qui revient sur la plupart des axes. On lit la forme avant la hauteur.
Contournement
Le recours à des outils ou espaces hors du cadre prévu (services grand public, équipements personnels). Ce n'est pas une faute à masquer : c'est le lieu où se lit la gouvernance réellement à l'œuvre, et la carte des besoins que le cadre ne couvre pas.
Axe laissé non documenté
Un axe que vous choisissez de ne pas positionner, parce que vous ne pouvez pas l'observer depuis votre position ou que vous ne le connaissez pas assez. Il reste vide sur le profil : il n'est ni converti en niveau 1 ni compté dans la lecture de la forme, et vous pouvez le renseigner plus tard.
Cadre qui ne parvient pas
Sur l'application des politiques (2.3) et l'alignement des pratiques (5.1), un niveau bas ne dit pas la même chose selon qu'un cadre parvient à l'entité sans être appliqué, ou qu'elle demande un cadre qui ne lui parvient pas. Dans le second cas, le constat se déplace de l'entité vers le canal qui devait l'atteindre ; ce qualificatif est restitué sans modifier le niveau.
Code de résultat et lien
Votre profil n'est enregistré nulle part : il tient dans son lien. Le code de vingt caractères (position et niveaux des dix-huit axes) se dicte et se colle sur l'accueil pour rouvrir le profil ; le lien complet ajoute les tensions, les foyers et les qualificatifs que vous avez écrits.
Version à présenter
Une page au format A4, à imprimer ou à enregistrer en PDF depuis le navigateur, qui reprend le profil (grille, lecture de la forme, ce qui tient, ce qui reste au plancher, tableau des axes), son code et un QR du lien. Faite pour être posée sur une table et discutée ; elle ne contient rien de plus que le lien.
Mode complet (validation niveau par niveau)
La seconde manière de répondre, décrite par le mémoire à côté de la saisie directe : sur chaque axe, un descripteur à la fois, du niveau 2 au niveau 5, avec une seule question — cette situation est-elle atteinte dans votre entité, de façon effective et généralisée ? Le niveau retenu est le dernier descripteur confirmé ; un « oui » sur une partie de l'entité devient un foyer, un dispositif qui existe sans être adopté devient une position frontière, et « je ne peux pas le dire » laisse l'axe non documenté. Le profil obtenu est le même qu'en saisie directe.
Piste d'usage
Une lecture conditionnelle tirée du profil, jamais un objectif. Par axe : ce que le passage du descripteur constaté au descripteur suivant supposerait dans votre contexte. Pour le profil entier : ce que sa forme (amplitude ou dominante, foyers, planchers, relations entre axes) invite à regarder.
Prolongement
Le volet facultatif qui vient après le profil : il relit chaque texte facultatif contre la réponse fermée qui l'accompagne et, quand une règle de lecture du référentiel s'applique, la cite en posant une question. Il ne compare pas des hauteurs et ne corrige rien. Il outille le protocole d'évaluation proposé par le mémoire ; il prolonge l'instrument, ne s'y substitue pas et ne modifie jamais le profil établi.

L'échelle des cinq niveaux

  1. 1 · Inexistant — Aucune pratique formalisée ; les actions sont ponctuelles, informelles ou absentes
  2. 2 · Embryonnaire — Des pratiques existent mais sont isolées, non documentées et peu partagées
  3. 3 · Développé — Des pratiques sont formalisées et relativement stables, mais leur application reste partielle ou inégale
  4. 4 · Intégré — Les pratiques sont formalisées, partagées, cohérentes entre niveaux et alignées sur les objectifs organisationnels
  5. 5 · Optimisé — Les pratiques sont pilotées, évaluées et améliorées de façon continue ; la gouvernance est ancrée dans la culture organisationnelle

Les couleurs vont du gris clair au bleu profond ; elles distinguent les niveaux, elles ne les jugent pas.

Les sept règles de lecture

Elles font partie du référentiel au même titre que ses axes : elles disent comment un profil doit être établi pour rester interprétable. Elles sont rappelées en contexte, près des axes concernés.

  1. 1. Contournement compris comme révélateur règle émergente

    Les recours à des services grand public, équipements personnels ou espaces parallèles ne sont pas des anomalies marginales mais « le lieu où se lit la gouvernance réellement à l'œuvre » ; ils dessinent « en creux, la carte des besoins que le cadre ne couvre pas ». Une lecture qui les ignore « prendrait le silence des axes pour de l'ordre ».

  2. 2. Inaccessibilité du cadre, non-application : deux constats distincts règle émergente

    Sous un même niveau bas, distinguer l'entité qui n'applique pas un cadre qui lui parvient de celle qui demande un cadre qui ne lui parvient pas — la seconde « déplaçant le constat de l'entité vers le canal qui devait l'atteindre ».

  3. 3. Disjonction instrument / appropriation règle émergente

    Les niveaux du producteur d'un cadre et ceux de ses destinataires « relèvent de deux registres » ; un niveau élevé du producteur ne préjuge pas « de sa réception en aval ».

  4. 4. Sélectivité de la circulation règle émergente

    Ce qui circule entre échelons est un contenu trié : « la couche relative aux plateformes passe, la couche documentaire ne passe pas ». La lecture verticale porte sur ce qui circule ; l'écart produit/circulé est lui-même un résultat.

  5. 5. Non-élévation règle d'attribution

    Un cadre formel existant mais non approprié n'élève pas le niveau, « celui-ci caractérisant la pratique effective et non le dispositif disponible ». Vaut pour le cadre prescrit et inconnu, le cadre connu mais inaccessible, et le cadre produit dont la réception en aval reste inégale.

  6. 6. Traitement de l'hétérogénéité interne (foyers) règle d'attribution

    Lorsqu'une pratique structurée existe sur un périmètre circonscrit sans être généralisée, « le niveau reflète la pratique effective généralisée, le périmètre plus avancé étant restitué comme foyer dans la caractérisation narrative ». Les foyers « ne sont pas des résidus : c'est en eux que se loge, à l'échelon local, ce qui de la gouvernance fonctionne » ; leur effacement dans une moyenne « ferait disparaître du profil l'information la plus utile qu'il contienne ».

  7. 7. Rétention du niveau inférieur en position frontière règle d'attribution

    « Lorsque le matériau situe une pratique entre deux descripteurs, le niveau inférieur est retenu et la tension explicitement documentée. » Les positions frontières « sont des résultats, non des imprécisions », et une lecture de profil « doit les chercher dans la caractérisation ».

Ce que la dimension 6 apporte

Les cinq premières dimensions reprennent des thèmes que les cadres de gouvernance couvrent déjà : le pilotage, les politiques, le cycle de vie de l'information, l'architecture technique, les pratiques effectives. La sixième, l'articulation entre niveaux, ne dérive d'aucun d'eux. Elle observe les interfaces entre le niveau technique, le niveau de coordination et le niveau opérationnel, la traduction des décisions de l'un à l'autre et la cohérence des pratiques entre entités d'un même niveau.

C'est l'apport propre du travail dont l'instrument est issu : la gouvernance de l'information s'exerce à plusieurs niveaux, et ce qui se relaie, se traduit ou se rompt entre eux est un objet à part entière. C'est aussi ce qui justifie que chaque profil porte sa position : les trois axes de cette dimension se renseignent depuis l'endroit d'où l'on regarde, et leur lecture change avec lui.

D'où viennent ces axes

Les dix-huit axes et leurs quatre-vingt-dix descripteurs proviennent d'une grille d'analyse construite pour une recherche sur la gouvernance de l'information dans les environnements collaboratifs, puis confrontée à des entretiens dans des entités des trois positions. La grille d'entretien qui a servi à ces échanges est l'instrument de collecte du chercheur : elle n'est pas posée ici, mais chaque axe reste rattaché aux questions qui l'ont alimenté (voir la page À propos).